Aujourd'hui, quel sens donner à Noël

December 21, 2013

Alors que les nations occidentales semblent bien engagées sur la voie de la sécularisation où la religion occupe une place de moins en moins importante, il y a lieu de se questionner sur le sens de la fête de Noël aujourd’hui.

 

 

En effet, le 25 décembre est férié dans la plupart des pays de tradition chrétienne dans le monde, commémorant ainsi la naissance de Jésus de Nazareth à Bethléem. Pour comprendre l’importance spirituelle de cette fête, il est nécessaire de se référer à l’Ancien testament (judaïsme) prédisant la venue d’un Messie pour sauver le monde. Ainsi, Noël, fête de la Nativité, commémore la venue de ce Sauveur sur Terre dont les signes précurseurs à la naissance (prophéties, enfantement de la Vierge Marie par l’Esprit-saint, étoile du Berger) ne trompent pas quant à l’identité. Néanmoins, notons cependant que pour les chrétiens, Noël ne représente pas en soi la commémoration par excellence de la déité de Jésus, Pâques étant la fête la plus importante du christianisme où l’on célèbre la résurrection, symbole véritable de l’incarnation de Dieu sur Terre à travers Jésus (unité de la Trinité – le Père, le Fils et le Saint-Esprit) pour préparer le monde à une ère prochaine et meilleure, à venir… Pour les chrétiens, Noël célèbre donc la lumière que représente pour le salut de l’humanité l’arrivée de Jésus, incarnation humaine de Dieu, sur Terre ; en période de noirceur sociale (historique) et éventuellement physique (solstice d’hiver). Accessoirement, d’un point de vue pratique, la naissance du Christ régule d’une certaine façon le temps sur terre, puisque le calendrier grégorien, mondialisé et normalisé au XXe siècle repose sur la période de la nativité et la circoncision de Jésus (acte religieux à la naissance chez les juifs) et d’un point de vue fonctionnel, les diverses sociétés humaines ont souvent commémoré le passage aux différentes saisons (solstices et équinoxes).

 

Aujourd’hui, plusieurs remettent en question la valeur de cette fête et son statut officiel (journée fériée) dans le contexte de sociétés sécularisées ; déguisant souvent le désir d’absence de spiritualité et de religions de certaines élites bien-pensantes, sous le couvert de la liberté religieuse. Néanmoins, il convient dans un premier temps de reconnaître objectivement la montée du pluralisme religieux et de l’athéisme en Occident. Personnellement, je considère la liberté de pensée absolument fondamentale et à ce titre, il est nécessaire de respecter cet état de fait et les croyances de chacun, en tant que société, de même que sur le plan individuel. Le contraire irait d’ailleurs à l’encontre des enseignements-mêmes de Jésus, insistant sur l’importance et la valeur du libre-arbitre chez les humains, dans leur cheminement, notamment spirituel. D’autre part, nos régimes économiques reposant sur une croissance de la consommation, plusieurs observateurs ont remarqué que l’essence de la fête de Noël était de plus en plus commerciale pour beaucoup, ce qui en toute logique (en considérant les valeurs de Jésus) va à l’encontre du sens profond de cette fête.

 

Ainsi, pourquoi maintenir la fête de Noël journée fériée et chômée, d’autant plus à l’heure où beaucoup ont ne serait-ce que de la difficulté à articuler le mot et à prononcer le nom de la fête ?

 

D’abord, les recherches que je poursuis en ce moment me portent à penser que la spiritualité - et éventuellement l’évolution spirituelle  - serait un besoin essentiel de l’être humain, besoin devant instinctivement être comblé, ce qui s’est socialement manifesté par le développement de religions (fonction religieuse) dans toutes les sociétés humaines. L’on peut éventuellement poser l’hypothèse qu’il pourrait bien s’agir de la cause, de la raison de toutes formes de vie sur Terre [d’évoluer spirituellement] ; mais tel n’est pas le sujet de cet article. Ce qu’il faut retenir, c’est que le sentiment dépressif (et éventuellement cette quête de la recherche du bonheur) pourraient se manifester lorsque ce besoin – essentiel – n’est pas comblé (évidemment, les religions ne sont pas, loin de là, la seule façon de combler ce besoin), d’autant plus que la douleur ressentie représente souvent une alerte de l’organisme, s’il y a menace ou que les besoins ne sont pas comblés. Dans ce contexte, de prendre une ou plusieurs journées de congé, en famille, afin de se ressourcer, voire de réfléchir ; d’autant plus dans un contexte climatique affectant l’humeur (diminution de la clarté et refroidissement de la température) me semble bénéfique pour tous. Si plusieurs personnes, croyantes, souhaitent en profiter pour approfondir leur foi selon les valeurs d’amour professées par Jésus [« Dieu est amour »], sans l’imposer aux autres, quel est le problème ? Au contraire, si dans notre société individualiste, des personnes décident de tourner leur vie vers l’amour de leur prochain (solidarité, empathie, partage, altruisme, etc.), je crois que la société dans son ensemble en sortira grandie. Non ?

 

De plus, il convient de considérer la valeur et la force des symboles. En effet, un symbole n’a que la valeur qu’on lui reconnaît. Par exemple, depuis dix mille ans, la croix gammée (svastika) est un symbole religieux pour de nombreuses civilisations (Amériques, Afrique, Asie, Europe) et symbolise encore aujourd’hui, pour les Asiatiques (notamment dans l’hindouisme et le bouddhisme) le symbole de l’éternité. Récupérée par les nazis qui voyaient les origines de leur peuple dans l’Inde mythologique (Aryens) et l’avenir de leur idéologie et du peuple allemand « éternel », la croix gammée est aujourd’hui le symbole des horreurs du nazisme pour la plupart des Occidentaux… L’on peut aussi citer le drapeau québécois (fleurdelisé), porte-étendard de plusieurs formations politiques du Québec défendant notamment un modèle républicain et laïque, comptant de nombreux athées dans leurs rangs et dont la croix blanche représente l’attachement du Québec à l’Église catholique, les carreaux bleus, l’attachement du Québec à la Vierge Marie et les fleurs de lys, l’attachement du Québec à la monarchie française, la dynastie capétienne qui elle-même, avait fait de la fleur de lys son symbole, par attachement à la Vierge dont c’était le symbole et que plusieurs lui font emprunter à des sociétés plus anciennes qui en avaient fait le symbole de la féminité…

 

Si les symboles n’ont de valeur que celle qu’on leur reconnaît, il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont particulièrement importants, puisqu’ils expriment par leur seul concept, un ensemble de concepts beaucoup plus importants et pénètrent profondément la psyché, beaucoup plus qu’un fait ordinaire ou que la simple expérience (puisqu’un ensemble d’expériences les sous-tendent); ce qui est puissamment perçu par l’esprit humain et marque profondément l’inconscient où il s’inscrit et peut aller jusqu’à définir un individu et expliquer certains de ses agissements et de ses valeurs. C’est ainsi que l’on peut justifier l’existence et la valeur des symboles, que l’on parle d’un signe (comme la croix gammée ou la fleur de lys cités plus haut) ou d’un rituel (l’engagement solennel du mariage avec décorum, par rapport à une union de fait par exemple). Dans ce contexte, une fête comme Noël peut représenter un symbole très riche et qui peut bénéficier à l’ensemble de la population, au-delà des croyances de chacun.

 

Bien sûr, plusieurs choisissent et préfèrent faire de Noël une icône des erreurs, des fautes et des abus des Églises à travers les siècles (notamment de l’Église catholique). Mais est-ce le sens réel de Noël ? Est-ce la raison fondamentale de cette fête ? Est-ce vraiment la valeur la plus rassembleuse que l’on peut accoler à cette fête et le symbole qu’on souhaite en faire, dans nos sociétés dites évoluées et civilisées ?

 

Comme on l’a vu plus tôt, Noël commémore la venue au monde de Jésus, mais qui est Jésus ?

 

Dieu pour les uns, mythe pour d’autres, l’existence de Jésus de Nazareth au premier siècle [après Jésus-Christ, bien sûr] est documentée par plusieurs textes narrant sa vie ou faisant mention de son passage depuis la péninsule indienne, jusqu’au bassin méditerranéen. Né à Bethléem - à cette époque, dans l’Empire romain - Jésus a toutes les caractéristiques du messie dont la venue avait été prophétisée au cours des siècles et millénaires précédents par d’autres prophètes juifs. Les témoignages de sa vie nous sont communément rendus accessibles à travers le Nouveau testament (notamment les quatre évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean), de même qu’à travers les 71 écrits apocryphes (dont 12 évangiles) officiellement non-reconnus par l’Église pour des raisons diverses (la plupart ont été rejetés par les empereurs romains pour des raisons politiques), ou encore par le Coran. Il n’en demeure pas moins que les témoignages sur la vie de Jésus sont unanimes sur son message, celui d’un amour absolu se confondant avec Dieu, mais aussi, d’une spiritualité où chaque humain est divin et enfant de Dieu et peut évoluer spirituellement par l’intériorisation ; l’on parle ici de son message et non pas de ce que certains hommes ont pu en faire. Les enseignements de Jésus sont d’ailleurs parmi les rares écrits religieux qui n’ont besoin d’aucune relativisation ou mise en contexte selon les contextes et milieux sociaux, de même qu’à travers le temps, : l’on n’y professe que l’amour et un modèle de vie tourné vers le bien commun, l’amour de son prochain comme de soi-même et l’évolution de l’être humain vers quelque chose de mieux, en reconnaissant malgré tout l’importance du libre-arbitre et de la volonté de chacun vers le chemin de Dieu.

 

Né juif et ayant professé le judaïsme toute sa vie, Messie et Dieu pour les Chrétiens, humaniste exemplaire et philosophe pour les athées, prophète et Messie pour les Musulmans, Avatar de Brahman pour les Hindouistes et maître yogi pour d’autres, Jésus peut être considéré comme une figure œcuménique, au-delà des croyances et de la foi de chacun.

 

Que Jésus soit spécifiquement né la date que nous faisons correspondre au 25 décembre ou non et même à la limite, qu’il ait réellement existé ou non – si certains veulent douter de son existence – qu’il ait été l’incarnation de Dieu ou un simple homme ; sa vie représente un modèle universel pour tous les humains et ses enseignements, couronnés par la plus belle preuve d’amour de l’histoire, même en les dépouillant de la valeur spirituelle pourtant indissociable pour n’en conserver que la valeur éthique, constituent certainement la voix à suivre pour un avenir meilleur pour l’humanité, surtout à l’heure où les tensions interreligieuses et sociales explosent et où l’humanité est confrontée à des problèmes écologiques uniques pour lesquels l’issue demeure si incertaine.

 

Ainsi, pouvons-nous faire de Noël le symbole d’un modèle de vie dans l’amour et de la lumière, en ces temps d’incertitude ? 

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