Luttons-nous vraiment contre l'intimidation ?

January 12, 2014

En ce début d'année 2014 et alors que s’amorceront mardi (14 janvier) les audiences de la commission parlementaire sur la charte des valeurs – où j’aurai d’ailleurs le privilège de présenter mon mémoire, cette même journée, en fin d’avant-midi – l’on se souvient tous, du moins, il est difficile d’oublier le climat social acrimonieux et malsain de l’automne dernier qui a pris des allures de guerre ouverte.

 

L’émotivité qui ponctue ce débat depuis le début et qui se traduit souvent par des attitudes et des propos désolants – de part et d’autre – mais aussi les propos démagogiques et même violents tenus par des leaders d’opinions de la société (issus des différents groupes en relation dans le débat) et même du gouvernement, est plutôt ironique, dans le contexte où ces dernières années, l’on se dit préoccupés par le phénomène d’intimidation à l’école.

 

 

En effet, la multiplication de cas de suicide chez des jeunes du secondaire a ravivé la prise de conscience par rapport à l’intimidation chez les jeunes dont les médias sociaux constituent aujourd’hui un nouveau théâtre, laissant des traces : les écrits restent. Au Canada,  ces dernières années, l’histoire de la jeune Rehtaeh Pearson à Halifax et de Marjorie Raymond à Sainte-Anne-des-Monts qui ont été fortement médiatisés et le travail acharné de personnes dévouées comme Jasmin Roy ont mené à une prise de conscience collective. Désormais, dans tous les salons du Québec, l’on se dit outrés, dérangés et déterminés à mettre un terme à ce phénomène. L’indignation citoyenne trouve d’ailleurs échos chez les politiciens, puisque tous les partis politiques s’entendent sur la nécessité de lutter contre l’intimidation à l’école.

 

Pourtant, les belles paroles de tout un chacun sonnent fausses à mes oreilles. Comme dirait le maire Labeaume que je me permettrai de paraphraser, c’est vicieux. Pourquoi ? Simplement parce qu’au-delà des discours, personne ne prêche par l’exemple.

 

D’une façon générale, il est impossible de régler un problème social ou de considérer un enjeu de société dans une démarche « à la pièce ». Il faut plutôt considérer la société dans son ensemble et voir le problème en tant que partie d’un tout. Autrement dit, il faut une vision holistique.

 

L’intimidation, c’est aussi vieux que les sociétés humaines. Il est illusoire de penser que l’on peut régler le problème à coup de lois. L’intimidation est l’expression du non-respect d’autrui qui naît dès lors que l’on entre en conflit avec les autres. Ces conflits, ça peut partir de la simple chamaillerie entre frères et sœurs, à la jalousie ou aux jugements entre adultes. Ces conflits naissent dès lors que l’on exprime de la haine. À petite échelle, ce ne sont que des différends ou comme on dit chez nous, des « chicanes ». À plus grande échelle, ça devient de l’intimidation. À grande échelle, ces conflits dégénèrent en guerres. C’est ce qu’on appelle la haine.

 

Tous disent souhaiter la paix, la fin des guerres dans le monde ; ce que d’aucuns disent impossible, utopique. Pourtant, logiquement, si les guerres sont le résultat de l’action humaine, d’autres actions des mêmes humains sont en mesure de les éviter. Les guerres naissent uniquement de la haine, du sentiment instinctif de domination. Domination physique, domination idéologique, c’est la même chose. Puisqu’il s’agit d’instincts animaux - « la loi du plus fort » -  certains disent que nous sommes impuissants, que l’on n’y peut rien. Pourtant, une telle affirmation est contraire aux lois de l’évolution darwiniennes où toute vie évolue de façon à se perfectionner en s’adaptant au milieu et aux conditions environnementales (là où l’on vit). Étant donné que le hasard fait bien les choses, il y a eu dans l’histoire – et aujourd’hui encore - des humains qui ont appelé à une évolution en ce sens. Tous ont appelé à l’amour de son prochain. Tout le monde souhaite un monde parfait où il n’y aurait que paix, harmonie et fraternité. L’avènement d’un tel monde est possible, pour le moins qu’on le veuille vraiment et que l’on fournisse les efforts pour y arriver ! Après tout, nous ne vivons plus dans des cavernes !

 

Comment faire pour être heureux, pour vivre en harmonie, pour vivre dans un monde sans guerre, pour éradiquer l’intimidation ? Aimez votre prochain ; comprenez que vous faites partie d’un tout, qu’un battement d’ailes de papillon en Tanzanie peut engendrer une tornade aux Etats-Unis[1]! Ayez de l’empathie en comprenant qu’une personne est rarement « méchante » par simple méchanceté, que son attitude est le résultat d’expériences négatives qui font d’elle ce qu’elle est désormais et qu’en témoignant de l’amour, du bien, cela l’exposera à des expériences positives qui contribueront à la changer.

 

L’on n’arrivera jamais à combattre efficacement l’intimidation en légiférant. Les enfants sont conditionnés, par socialisation, à reproduire les comportements de la société dans laquelle ils vivent et cette société, elle privilégie les conflits et valorise la violence. Les conflits personnels – puisque la plupart des adultes peuvent parler dans le dos d’autres, entretenir de la rancune et observer une attitude égocentrique – et sociaux, puisque les conflits idéologiques se déroulent dans la violence – physique et verbale, empêchant ainsi tout dialogue. Aujourd’hui, même les loisirs privilégient et valorisent la violence, donc indirectement, l’intimidation. Après tout, les enfants ne font que reproduire les modèles auxquels ils ont été exposés… La seule solution viendra toujours d’une volonté populaire traduite en actions concrètes et ces actions, elles commencent et passent inévitablement par l’amour de son prochain. Est-ce difficile ? Certainement ! Qui a dit que ça devait être facile ? En revanche, l’expérience prouve que généralement, plus l’on fournit d’efforts, pour le moins que ceux-ci soient bien orientés, meilleurs sont les résultats. Au final, cette même expérience démontre à quel point les bénéfices que l’on retire de l’amour – le vrai – sont infinis, alors qu’en fin de compte, la seule vraie chose que l’on retire de la haine, c’est le malheur et le ressentiment, certes destructeurs, mais surtout, autodestructeurs…

 

L’on récolte les grains qu’on a semés. Tous ensemble, combattons l’intimidation !

 

 

[1] La sensibilité initiale de la théorie du chaos ou autrement dit, l’effet papillon.

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